L'ASSOMPTION (15 AOUT)

Publié le par le chaponoir







Assomption

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L'Assomption de Marie est un dogme de l'Église catholique romaine selon lequel, au terme de sa vie terrestre, la mère de Jésus aurait été « élevée au ciel ». Le terme assomption provient du verbe latin assumere, qui signifie prendre, enlever.

L'Assomption est aussi le nom de la fête catholique célébrant l'assomption de Marie, le 15 août.


 

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La croyance en l'Assomption de Marie ne repose sur aucune base scripturaire ni sur aucun texte des premiers temps de l'Église. Au IVe siècle, Épiphane de Salamine souligne que nul ne sait ce qu'il est advenu de Marie à la fin de sa vie. La tradition à ce sujet n'est pas attestée avant le Ve siècle. En Occident, Grégoire de Tours est le premier à en faire mention, à la fin du VI° siècle. Il s'appuie apparemment sur un corpus de textes apocryphes, appelés collectivement le Transitus Mariæ, généralement rattaché au Ve siècle et qui provient peut-être d'Égypte. Faussement attribué à Méliton de Sardes, il est explicitement condamné par Gélase Ier en 495-496, avec d'autres écrits apocryphes. Selon cette tradition, Marie rencontre sur le mont des Oliviers un ange qui lui remet une palme de l'arbre de Vie et lui annonce sa mort prochaine. Marie rentre chez elle et fait part de la nouvelle à son entourage. Miraculeusement, les apôtres reviennent des différents endroits où ils sont partis prêcher, afin de l'entourer. Jésus apparaît entouré d'anges pour recevoir l'âme de sa mère, qu'il confie à l'archange Michel. Les apôtres enterrent le corps au pied du mont des Oliviers. Quelques jours plus tard, Jésus apparaît de nouveau et emporte le corps au Paradis, où l'âme et le corps de Marie sont réunis.

En Orient, Jean Damascène rapporte la tradition de l'Église de Jérusalem à ce sujet: selon lui, Juvénal, évêque de Jérusalem, se voit demander lors du concile de Chalcédoine le corps de Marie par le couple impérial, Marcien et Pulchérie. Juvénal répond que Marie est morte entourée de tous les apôtres, sauf Thomas, qui est en retard. À son arrivée, quelques jours plus tard, Thomas demande à voir la tombe, mais celle-ci s'avère vide ; les apôtres en déduisent alors qu'elle a été emportée au ciel.

Une autre tradition rapporte que l'Assomption a lieu à Éphèse, dans la maison connue aujourd'hui comme la « Maison de la Vierge Marie », accompagnée de l'apôtre Jean, à qui le Christ, sur la croix, avait confié Marie. La première allusion attestée ne date que de la fin du IX° siècle, dans un manuscrit syriaque qui rapporte que Marie suit Jean à Éphèse et qu'elle y meurt. Les seules autres sources pré modernes sont trois auteurs syriaques des XIIe et XIIIe siècles.

Quoi qu'il en soit les catholiques ont adopté cette croyance avec ferveur. En France, le roi Louis XIII consacre son royaume à la Vierge en 1638 et demande que cette consécration soit commémorée à chaque fête de l'Assomption. La décision est reprise par la Restauration, après que Napoléon Ier y a substitué une éphémère « Saint Napoléon ». Le 15 août est toujours la fête nationale des Acadiens. En France, elle demeure la fête patronale de nombreux villages, les églises ou cathédrales dédiées à Notre Dame de l’Assomption sont nombreuses, et le 15 août est le jour le plus important de l'année à Lourdes

La République française en a fait un jour férié.

Définition

Représentation de l'Assomption par Fermo Ghisoni da Caravaggio

Le 1er novembre 1950, l'Assomption de Marie est établi sous forme de dogme par la constitution apostolique Munificentissimus Deus du pape Pie XII. La constitution dogmatique Lumen gentium du concile Vatican II 1964 énonce :

« Enfin la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l'univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort. »

La Dormition de la Mère de Dieu dans l'Église orthodoxe [

L'Église orthodoxe célèbre, le 15 août, la Dormition de la Mère de Dieu, c'est-à-dire sa mort, entourée des apôtres, sa résurrection et sa glorification. C'est l'une des 12 grandes fêtes de l'Église orthodoxe et la dernière du calendrier liturgique (la première étant la Nativité de la Vierge). Il y est proclamé que Marie a été "élevée par Dieu jusqu'au Royaume céleste du Christ dans la plénitude de son existence, spirituelle autant que corporelle. Marie, selon la tradition de l'Église orthodoxe, serait montée au Ciel dans son corps, ce qu'elle appelle l'Assomption de la même manière que l'Église catholique. Cet événement est compris comme les prémices de la résurrection des corps, qui selon la croyance de l'Église orthodoxe, aura lieu lors du Second avènement du Christ, comme l'exprime le théologien Vladimir Lossky : "Si Elle resta encore dans le monde, si Elle se soumit aux conditions de la vie humaine jusqu'à accepter la mort, c'est en vertu de sa volonté parfaite, dans laquelle elle reproduisit la kénose (humiliation) volontaire de son Fils. Mais la mort n'avait plus d'emprise sur Elle : comme son Fils, elle est ressuscitée et montée au Ciel, première hypostase humaine qui réalisa en Elle la fin dernière pour laquelle fut créé le monde."

La fête est précédée, dans la tradition orthodoxe, d'un carême (c'est-à-dire d'un jeûne) strict de 14 jours (à l'exception du jour de la fête de la Transfiguration, le 6 août, où il est permis de manger du poisson).

Si la célébration de la Dormition est très proche de la fête catholique de l'Assomption, elle n'en diffère pas moins sur certains points. La différence s'opère précisément par le fait que l'Église catholique associe, dans sa définition de l'Assomption de la Vierge (donnée ci-dessus), le dogme de l'Immaculée conception rejeté par l'Église orthodoxe. Selon la tradition orthodoxe, Marie est réellement morte, par la nécessité de sa nature humaine mortelle, liée à la corruption de ce monde après la Chute (en cela elle est solidaire de l'humanité), et a été ressuscitée par son fils comme la Mère de Vie : de ce fait, elle est considérée comme participant à la vie éternelle du Paradis. L'Église orthodoxe, de ce fait, adresse à la formulation catholique du dogme de l'Assomption les mêmes critiques qu'à celui de l'Immaculée Conception[« ]  :

  • d'une part il est contraire à la foi des Pères de postuler la Très Sainte Mère de Dieu comme « préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle » : ce serait en faire une personne à part du genre humain, supprimant toute liberté pour la Vierge Mère de dire "non", faisant perdre de ce fait sa valeur salvatrice à la réponse positive qu'elle fit à l'annonce de l'ange Gabriel (Je suis la servante du Seigneur : qu'il me soit fait selon ta Parole !) ;
  • mais surtout postuler la Vierge Marie comme préservée du péché originel, c'est-à-dire sauvée par avance, serait la rendre hors d'atteinte de la mort — ce que laisse dans le vague le Catéchisme de l'Église catholique.

Aspect liturgiques de la fête

À la veille de la fête (c'est-à-dire au début du jour liturgique de la fête), des vêpres sont célébrées, contenant trois lectures de l'Ancien Testament, interprétées symboliquement à partir du Nouveau Testament. En Genèse 28:10-17, l'échelle de Jacob qui unit le ciel et la terre désigne l'union de Dieu avec les hommes qui se réalise pleinement et plus parfaitement en Marie portant Dieu en sein. En Ézéchiel 43:27-44:4, la vision du temple dont la porte oriental est perpétuellement fermée et remplie de la gloire du Seigneur, symboliserait la virginité perpétuelle de Marie. Marie est aussi identifié avec la "maison", en Proverbes 9:1-11, que la Divine Sagesse a construit pour elle-même : "La Sagesse de Dieu a bâti en Toi, Vierge Sainte, sa maison - et s'est incarnée dans sa mystérieuse descente - Entre toutes les générations Tu fus l'Élue pure pour être la demeure du Verbe pur".

Hymnes de la fête

  • Tropaire (ton 1)

"Dans ta maternité, Tu as gardé la virginité,
Lors de ta Dormition, Tu n'as pas abandonné le monde, ô Mère de Dieu.
Tu es passée à la Vie, Toi qui es la Mère de la Vie.
Sauve nos âmes de la mort, par tes prières !"

  • Kontakio (ton 2)

"Le tombeau et la mort furent impuissants à saisir la Mère de Dieu
Qui jamais ne se lasse d'intercéder pour nous ;
Elle est notre espérance et notre protection.
Car Elle est la Mère de la Vie,
Elle a été transférée à la vie par Celui qui a demeuré dans son sein virginal."

 

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