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Publié le par le chaponoir






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La CGT s'oppose à une extension du chômage partiel


L'Expansion.com
 -  26/08/2009 12:19:00 

 

Reuters / Eric Gaillard

Pour la CGT, l'élargissement du chômage partiel évite le débat sur sur l'octroi des aides publiques

 

Le syndicat ne signera pas l'accord sur l'extension  du chômage partiel aux salariés du commerce et des services ouverts au public. La CGT dénonce l'absence de débat sur les conditions d'octroi des aides de l'Etat aux entreprises qui ont recours à ce dispositif.

La CGT a confirmé mercredi, dans un communiqué, qu'elle ne signerait pas l'accord conclu le 8 juillet entre le patronat et une majorité d'autres syndicats pour élargir le recours au chômage partiel dans certains domaines d'activité.                 

Les quatre autres syndicats (sur les cinq participant à la négociation), CFDT, CFTC, CFE-CGC et FO ont émis un avis favorable.                 

Deux décrets du gouvernement sont attendus qui permettront d'étendre le chômage partiel à de nouvelles catégories de salariés.                 

L'un doit ouvrir la mesure aux employés de commerce, d'études notariales, et autres services ouverts au public. L'autre devrait augmenter les contingents annuels de chômage partiel autorisés, pour l'aligner sur les niveaux exceptionnels consentis dans l'automobile et le textile.                 

Pour la CGT, le texte ne donne pas voix au chapitre aux salariés et va assouplir les procédures de déclenchement du chômage partiel pour les entreprises "tout en évitant d'ouvrir le débat sur les conditions d'octroi des aides publiques". Le chômage partiel ouvre droit à une indemnisation pour le salarié, mais aussi à une allocation versée par l'Etat à l'entreprise.                 

La CGT exige "de conditionner les aides publiques en fonction de la réalité des difficultés rencontrées par les entreprises afin d'éviter les effets d'aubaine".                 

En outre, critique également la CGT, "le Medef a catégoriquement refusé que le chômage partiel soit reconnu comme du temps de travail effectif, ce qui aurait permis aux salariés en difficulté de garantir certains droits tels que les congés payés, les primes".                 

De plus, "la situation des demandeurs d'emploi en fin de droits a été écartée d'un revers de main".

 

Pour les Français, le bonheur, c'était en 2001

Franck Dedieu -  26/08/2009 11:40:00 

 

En 2001, les Français, heureux comme jamais, ont fait un triomphe à Amélie Poulain, incarnation de la gentillesse et de l'amour.

 

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Le PIB est imparfait, les Prix Nobel à la recherche d'un nouvel indicateur planchent encore... Mais L'Expansion propose son indice du bonheur intérieur net. Résultat : nous n'avons jamais été si heureux qu'en 2001.

Cette année-là, la France tombe sous le charme bienveillant d'Amélie Poulain. L'histoire d'une jeune serveuse au regard malicieux, appliquée à faire le bonheur des autres dans un Montmartre de carte postale. L'époque se prête aux plaisirs futiles d'Amélie. Une véritable année bénie : le chômage s'apprête à passer sous la barre des 2 millions de personnes, le krach d'Internet n'a pas encore freiné une machine économique bien lancée, les salariés s'émerveillent de la liberté offerte par les RTT et espèrent beaucoup de l'arrivée de l'euro. Bref, jamais les Français n'ont été aussi heureux qu'en 2001.

Le fabuleux destin de la première année du siècle

L'indice du bonheur intérieur net (BIN) de L'Expansion est construit en partenariat avec le Centre d'étude des niveaux de vie (CENV), un think tank canadien basé à Ottawa (Ontario). Il calcule, de 1980 à 2009, le niveau de bien-être des Français à partir de quatre critères dont la pondération est variable, chacun intégrant plusieurs séries statistiques :

- la consommation moyenne (20 % de l'indice) : dépense par habitant de bienset de services, salaire moyen, dépenses publiques...

- l'égalité sociale (40 %) : taux de pauvreté, écart de salaire, emploi à temps partiel, durée du travail...

- la sécurité économique (30 %) : taux et durée moyenne de chômage, indemnisation, dépenses de santé...

- le capital humain (10 %) : dépense en R&D, niveau d'éducation, émission de gaz à effet de serre...

L'indice est ensuite corrigé par les baromètres de la confiance des ménages publiés par l'Insee et la Sofres.

C'est ce que révèle l'indice exclusif du bonheur intérieur net (BIN) élaboré avec l'aide du Centre d'étude des niveaux de vie (CENV), un think tank canadien basé à Ottawa (Ontario), véritable référence mondiale pour les « statisticiens du bonheur » (voir la méthodologie ci-contre). Mais 2001 marque aussi un tournant : à l'ouest, les attentats du 11 septembre à New York referment la parenthèse pacifique ouverte par la chute du mur de Berlin, en 1989. A l'est, l'adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce fait sortir la mondialisation de sa phase consensuelle, vendue sous l'emballage « gagnant-gagnant ». Et partout l'euphorie Internet retombe.

Après le fabuleux destin d'Amélie Poulain, donc, place au quotidien gris du Français moyen. En témoigne notre indice du bonheur, qui fait du surplace, voire recule, alors que la richesse nationale, le vieil indicateur du produit intérieur brut (PIB), a augmenté de presque 10 % depuis 2002. Cette anomalie économique porte un nom : le paradoxe d'Easterlin - premier statisticien, d'origine californienne, à mesurer, dans les années 70, l'écart entre l'abondance matérielle et le bien-être. La conclusion de ce professeur aux thèses hippies ? Le PIB, cet étalon bête et méchant devenu la star mondiale de l'économie, enferme les sociétés dans un matérialisme étroit. Opinion reprise par Nicolas Sarkozy lui-même : à son initiative, deux prestigieux Prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz et Amartya Sen, devraient lui rendre un rapport sur la mesure de la richesse cet automne.

Mais il ne suffit pas de changer de baromètre pour réconcilier des poches et un estomac bien remplis avec le sentiment du bonheur. A partir d'un certain niveau d'abondance, une saturation de biens s'instaure et le bien-être n'augmente plus. Le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) fixe ce « plafond hédonistique » à 30 000 euros de revenus par habitant. Au-delà, rien ne sert de gagner plus. « Ainsi, l'euro ou le dollar supplémentaire produit devra aller dans la poche d'un individu moins riche pour maximiser le bien-être commun », en déduit malicieusement Florence Jany-Catrice, professeur d'économie à l'université de Lille, experte en « comptabilité du bonheur ».

En clair, trop d'inégalités économiques entre les personnes nuisent au bien-être de chacun, même à celui des riches. L'indicateur CENV-L'Expansion prend cette notion en compte. Selon les calculs réalisés par Andrew Sharpe, directeur du Centre for the Study of Living Standards du CENV, les inégalités sociales en France restent à peu près stables depuis 1980 : le taux de pauvreté est calé à 7 %, les écarts généraux de salaires bougent peu. « La France reste fidèle à sa réputation égalitaire, comparée au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis », rassure Andrew Sharpe.

Les élus chtis fondent leurs subventions sur un indicateur de santé sociale plutôt que sur le PIB

" Ici, le PIB ne fait pas la loi ", avertit, façon western, Jean-François Caron, conseiller régional (Vert) du Nord-Pas-de-Calais chargé de l'aménagement du territoire. Depuis cinq ans, les élus chtis n'ont plus comme référent statistique le rudimentaire produit intérieur brut (PIB), mais l'indicateur de santé sociale (ISS), qui prend en compte, au niveau de la région, toute une batterie de critères plus « humains » : la création et la qualité des emplois, les inégalités de revenus, ou encore les dégâts sur l'environnement.

Indicateurs « politiquement corrects » ? Peut-être, mais, depuis octobre dernier, Jean-François Caron passe de la théorie à la pratique avec des politiques publiques décidées en fonction de ces nouveaux critères. Ainsi le conseil régional ne verse-t-il plus de subventions automatiques aux imprimeries locales. Pour le même montant, le Nord-Pas-de-Calais préfère financer des actions de retraitement des encres usagées. Une dépense en moins pour les imprimeurs, un geste en plus pour l'environnement.

Sur le terrain social, cette fois, la région vient de refuser une subvention à Bonduelle pour l'implantation d'une nouvelle usine. « L'industriel agroalimentaire promettait des créations d'emplois, donc du PIB supplémentaire, mais les emplois agricoles dans les petites exploitations risquaient d'en pâtir, les inégalités entre maraîchers, de se creuser, et les nappes phréatiques, de se dégrader », argumente l'écologiste Jean-François Caron pour justifier cette décision.

Sans doute, mais, là encore, vu l'augmentation du pouvoir d'achat moyen en France (+ 69 % en trente ans, d'après le chercheur canadien), le pays au modèle social tant envié pouvait peut-être mieux faire. « Sur l'échelle sociale, les écarts de revenus varient globalement peu, sauf aux deux extrémités, où ils explosent. Avec des effets catastrophiques sur le bien-être ressenti », affine Marion Buisson, économiste et sociologue au Centre d'analyse stratégique (anciennement Commissariat du plan), auteur d'un rapport sur les fractures sociales en France. Depuis une décennie, les revenus augmentent de 10 % pour 90 % des Français mais, pour 5 %, le bonus atteint 32 % ! Ces enfants gâtés de la mondialisation ne pèsent pas grand-chose dans les agrégats de la comptabilité nationale, mais exacerbent les frustrations et les comparaisons envieuses, voire soupçonneuses.

Toutes les études sur le bonheur en conviennent : la richesse se vit en termes relatifs. Il suffit de voir son beau-frère agrandir son logement pour trouver sa maison minuscule et dissiper le plaisir d'en prendre soin. « Cette logique pernicieuse de comparaison cause nombre de dégâts, car les Français calent de plus en plus leur réussite sociale - à la manière des Anglo-Saxons - sur leur niveau de patrimoine », renchérit Marc Fleurbaey, chercheur au CNRS. Pour caricaturer, les frasques des people à Saint-Tropez minent le moral des classes moyennes, alors que les abordables vacances de Monsieur Hulot, dans les années 50, l'exaltaient. De ce point de vue, l'adage matérialiste du publicitaire Jacques Séguéla - « Si on n'a pas de Rolex à 50 ans, on a raté sa vie » - joue un rôle dévastateur.

 

 

Publié dans ECHOS DIVERS

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