TAXE CARBONE analyse des hebdos et commentaires

Publié le par le chaponoir












Après deux mois de vifs débats, la taxe carbone ne fait toujours pas l'unanimité. Les modalités annoncées par le gouvernement déçoivent les partisans de cette taxe et soulèvent autant d'oppositions chez ses adversaires.

Si le principe d'une fiscalité écologique semble faire consensus en France, la taxe carbone annoncée par le gouvernement suscite une nette opposition à gauche et de fortes réserves à droite, que le Premier ministre s'est employé à calmer. François Fillon s'est ainsi engagé, dans une interview au Figaro Magazine, à ce qu'il n'y ait pas de prélèvements obligatoires supplémentaires.

Pour compenser cette taxe pour les ménages, François Fillon prévoit donc "une diminution de la fiscalité sur le travail soit par l'impôt sur le revenu, soit par une baisse des cotisations sociales". Et pour les entreprises, le nouvel impôt sera compensé par "une suppression de la part de la taxe professionnelle qui porte sur les investissements". L'UMP a salué mercredi l'engagement du Premier ministre, François Fillon, à ne pas relever les prélèvements obligatoires qui "met ainsi un terme à des polémiques alimentées par l'opposition".



Le Premier ministre a également annoncé que la taxe carbone, qui entrera en vigueur en 2010, ne touchera pas l'électricité et sera fixée initialement à 14 euros par tonne de C02, alors que les experts de la commission contribution climat énergie, présidée par Michel Rocard,
préconisaient une taxe de 32 euros par tonne de CO2.



Ceux qui jugent la taxe carbone version Fillon trop timorée


Cécile Duflot (Verts) et Jean-Paul Besset (Europe-Ecologie) ont estimé jeudi qu'avec la proposition de François Fillon d'une taxe carbone fixée initialement à 14 euros par tonne de CO2, "la contribution perd toute efficacité". "Elle alourdit la facture des plus modestes sans dissuader les comportements les plus énergivores de ceux qui ont les moyens", jugent la secrétaire nationale des Verts et l'eurodéputé proche de Nicolas Hulot.

"Pour être socialement juste et écologiquement efficace", écrivent les écologistes dans La Tribune, la contribution climat-énergie (CCE, ou taxe carbone) "doit remplir plusieurs conditions" : un taux "élevé" avec hausse "progressive", l'intégration des "consommations d'électricité dans l'assiette de la contribution" et un produit "intégralement reversé sous forme de chèques verts" selon les disparités de revenus et de transports.

L'écologiste Nicolas Hulot, qui avait porté l'idée de la taxe carbone lors de la campagne présidentielle de 2007, a estimé mercredi que la véritable injustice sur ce sujet serait de "ne rien faire". Toutefois, il a estimé qu'il est indispensable de revenir "très rapidement" sur le fait que cette taxe ne porte pas sur l'électricité. "Il faut réduire notre consommation d'énergie, y compris notre consommation électrique. Je rappelle que, dans les périodes de pointe, on va chercher de l'électricité qui provient d'énergies fossiles".



Ceux qui se méfient d'un nouvel impôt déguisé


A l'UMP, plusieurs ténors rejettent d'emblée toute idée d'impôt supplémentaire. L'ex-Premier ministre Alain Juppé a ainsi dit mercredi "oui sur le principe" à la taxe carbone, s'empressant d'ajouter: "mais il y a le principe et les modalités". "On nous dit que ce ne sera pas un impôt de plus, on aimerait en avoir la démonstration concrète".

Les patrons des groupes UMP à l'Assemblée et au Sénat, Jean-François Copé et Gérard Longuet, partagent les doutes d'Alain Juppé. M. Copé estime que "s'il s'agit par ce biais de récupérer quatre ou cinq milliards dans la poche des contribuables, ce n'est pas possible !". Au Sénat aussi, "il va falloir construire un consensus", pronostique M. Longuet. "On peut appeler ça une taxe carbone, une contribution climat-énergie, reste qu'il faut payer" et "ce ne sont jamais ceux qui payent qui reçoivent", a-t-il déclaré.

Le député PS Laurent Fabius a qualifié jeudi le projet de contribution climat-énergie tel qu'il a été présenté mercredi par François Fillon d'"impôt Sarkozy" qui pèsera "sur les ménages". Il s'est déclaré "pour un verdissement de la fiscalité, mais à condition que ce ne soit pas un prétexte pour mettre un impôt supplémentaire sur les ménages".



Ceux qui rejettent l'idée de la taxe carbone


Ségolène Royal
, présidente PS de Poitou-Charentes, a de nouveau dénoncé jeudi une taxe carbone "inefficace écologiquement et qui prend du pouvoir d'achat aux Français", dans Le Parisien Aujourd’hui en France. Interrogée sur les déclarations du Premier ministre, François Fillon, qui s'est engagé à ce que la taxe carbone n'entraîne pas de hausse des prélèvements obligatoires, Mme Royal a répondu: "ça bouge. Encore un effort monsieur Fillon, et bientôt vous renoncerez peut-être à cette taxe inefficace écologiquement et qui prend du pouvoir d'achat aux Français". Selon elle, "il y a d'autres solutions" en matière de
fiscalité écologique, "comme le bonus/malus, la règle du pollueur-payeur et la taxation des supers profits des compagnies pétrolières également".




Sondages

Fillon fixe la taxe carbone à 14 euros la tonne, c'est....

trop

trop cher! Marre des taxes!

insuffisant pour être efficace.

bien vu. Plus qu'à augmenter progressivement...

      C'est le cadet de mes soucis!

 

 

 

 

La taxe carbone s'impose comme l'un des sujets chauds de la rentrée. A quel niveau doit-elle se situer ? Doit-elle être compensée ? Existe-t-il des alternatives ? Le point, avec Jacques Le Cacheux, économiste à l'OFCE et auteur de plusieurs études sur le sujet.

En plus

Bercy a annoncé que les ménages recevraient une compensation pour la taxe carbone. Est-ce que ça ne risque pas de nuire à l'objectif de cette taxe ?

Le but de la taxe carbone, c'est de changer les comportement, en rendant la tonne de CO2 plus chère. Et donc en augmentant le prix des produits les plus polluants, comme le carburant, pour dissuader les gens de les consommer. La compensation va se faire de manière forfaitaire, peut-être avec certains critères comme le niveau de revenu ou la situation familiale. Cela signifie que vous recevrez la même somme, que vous consommiez des produits polluants ou non. C'est simple: si vous diminuez votre consommation d'énergies fossiles, vous faites un bénéfice. Si vous l'augmentez, vous perdez de l'argent. 


Oui, mais j'en perds moins que s'il n'y avait pas de compensation...

Ce n'est pas faux. Mais la décision de consommer tel ou tel produit dépend davantage de son prix relatif que de votre revenu : si ce prix augmente, vous êtes incité à en consommer moins. Surtout, le gouvernement ne peut pas donner l'impression de simplement chercher à remplir les caisses de l'Etat, surtout avec un impôt qui peut paraître socialement injuste, notamment parce que la part des budgets consacrés aux dépenses énergétiques est plus élevée pour les revenus modestes. Compenser la taxe carbone est donc nécessaire. 

Au nom de la justice sociale,

Ségolène Royal s'est prononcée contre la taxe carbone. Elle lui préfère une "taxe Total", sur le principe du pollueur-payeur. Est-ce une alternative crédible ?


Ça n'a pas de sens. Encore une fois, l'idée de la compensation, c'est que la taxe carbone n'est pas un impôt supplémentaire, mais un instrument pour modifier les comportements. C'est comme si Ségolène Royal disait qu'il faut dissuader les fumeurs d'acheter des cigarettes, mais qu'elle renonçait à augmenter le prix du paquet. Il est impératif de frapper le produit dont vous voulez dissuader l'usage. Et de frapper fort. Le vrai problème de la taxe carbone, c'est qu'elle est trop faible : 15 euros la tonne, cela correspond à 3 centimes par litre de carburant. Ce n'est pas assez dissuasif. Il faut aller plus loin, à 50 euros au moins, avec une montée en puissance sur deux ou trois ans. Pas sur dix ans, car dans dix ans, il sera trop tard.  

 


La taxe carbone agite aussi la majorité


Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 02/09/2009 08:15 - mis à jour le 02/09/2009 10:36

 
Alain Juppé y est favorable mais aimerait "avoir la démonstration concrète" que "ce ne sera pas un impôt de plus". Et Jean-François Copé prévient: les députés UMP ne vont pas voter "en fermant les yeux".

L'ancien Premier ministre Alain Juppé se déclare favorable à la taxe carbone, tout en rejetant toute idée d'impôt supplémentaire dans un entretien au Figaro publié ce mercredi. "On nous dit que ce ne sera pas un impôt de plus, on aimerait en avoir la démonstration concrète", explique Alain Juppé qui souhaite que "l'on développe des solutions alternatives en termes de transports collectifs et de véhicule propre".

 

AFP/Archives/Eric Feferberg

L'ancien Premier ministre Alain Juppé quitte le palais de l'Élysée le 26 août 2009

D'ailleurs, "je regrette qu'un effort massif n'ait pas été fait pour développer la voiture électrique", poursuit-il dans cette interview. "Il ne faut pas que ce soit un impôt de plus, insiste Alain Juppé, mais si l'on veut garder un effet d'incitation, la compensation ne doit pas être totale".

De son côté, le patron du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, prévient sur le site de LCI que la taxe carbone serait âprement discutée au Parlement et que les députés UMP ne se contenteraient pas de voter en "fermant les yeux".

"Je ne suis pas hostile au principe de la fiscalité écologique (...). Mais il ne faut pas se tromper de cible. Par exemple, le bonus-malus pour les voitures propres est une excellente mesure car c'est incitatif, déclare-t-il. (...) Je ne voudrais pas que cette taxe carbone soit simplement une recette supplémentaire pour Bercy. S'il s'agit par ce biais de récupérer 4 ou 5 milliards dans la poche des contribuables, ce n'est pas possible."

Selon lui, il ne s'agit pas d'un "couac" en perspective au sein de la majorité mais d'un "débat". "Il n'y a pas d'un côté les gentils Verts qui ont toujours raison et les méchants pollueurs. J'ai trouvé déplacés les propos ayatollesques de Daniel Cohn-Bendit et Noël Mamère", souligne le député de Seine-et-Marne..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHIFFRE A RETENIR

 

 

 

- 48%

 

C'est l'effondrement des prix de l'immobilier à Dubaï. Les projets pharaoniques sont suspendus alors qu'une partie des financements se sont évaporés.

 

ALLONS INVESTIR A DUBAÏ, soyons parmi les 3000 à virer nos sous de SUISSE à…..DUBAÏ et pourquoi pas….au JAPON ! (conseil du samouraï J.C.)

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