IMAGES ET DOMMAGES - H1N1

Publié le par le chaponoir



CONNAITRE, RECONNAITRE - AIMER, HAÏR !

L'INDONESIE C'EST JOLIE
LA VACCINATION C'EST COUILLON


Les élèves infirmiers dénoncent les conditions dans lesquelles on les oblige à vacciner la population et s’inquiètent pour leur diplôme.
explique Alexandra. Outre les problèmes matériels, dans un souci d’efficacité,réaction allergique », explique Alexandra. Quant au dosage, il ne sera « pas le même d’un centre à un autre », confie Elfie, avant d’ajouter que les médecins eux-mêmes viennent demander conseil aux élèves. Le monde à l’envers.

« Si les gens savaient, ils ne viendraient pas se faire vacciner. » Le message peut sembler alarmiste, mais les étudiants infirmiers savent bien de quoi ils parlent. Alexandra, Elfie, et Morgane, sont toutes les trois élèves en troisième année à l’Institut de formation en soins infirmiers (Ifsi) de l’hôpital Raymond-Poincaré, à Garches dans les Hauts-de-Seine. Elles sont réquisitionnées pour participer à la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1). Mais celles qui, au départ, étaient volontaires, sont désormais « dégoûtées » par le traitement qui leur a été réservé.

C’est finalement dans la cafétéria de l’hôpital, loin des couloirs de l’Ifsi, qu’elles dénoncent les conditions dans lesquelles se déroule la campagne de vaccination. « L’injection du vaccin doit se faire dans le muscle, et on nous donne des aiguilles sous-cutanées qui ne permettent pas de l’atteindre. On fait le vaccin quand même, mais on ne sait pas quels vont être les effets »,  les protocoles habituels sont régulièrement contournés. « Les injections sont préparées à l’avance et on les donne à la chaîne. En temps normal, on devrait les préparer nous-mêmes », remarque Morgane. Et la série des dysfonctionnements ne s’arrête pas là. Au lieu d’utiliser deux aiguilles, l’une pour aspirer le produit dans la seringue et l’autre pour réaliser l’injection, les élèves réalisent les deux opérations avec une aiguille unique, « au risque que le patient développe infection et

Une formation professionnelle menacée

Face à ces problèmes, les autorités savent faire preuve de persuasion pour que les élèves infirmiers ne désertent pas les centres de vaccination. Les gendarmes sont ainsi envoyés jusqu’au domicile des récalcitrants, avec à la clé « une amende pouvant aller jusqu’à 3.000 euros en cas de refus » de répondre à la réquisition, s’étonnent les étudiants. Et sur place, il s’agit de faire bonne figure pour rassurer les candidats à la vaccination. « On nous demande de dire que nous sommes nous-mêmes vaccinés, même si ce n’est pas le cas », regrette Elfie. Rien non plus qui indiquerait aux vaccinés qu’ils ont affaire à des étudiants. Pire encore, l’identité et la fonction des élèves, qui naviguent de centres en centres, n’est pas vérifiée avant de procéder aux injections. « N’importe qui pourrait venir vacciner », s’exclame Morgane. Malgré tout, les étudiants ne demandent qu’un minimum de reconnaissance de la part de la ministre de la Santé pour le travail fourni. « On aimerait simplement qu’elle prenne la parole pour nous remercier », déclare Alexandra. La situation menace aujourd’hui l’avenir professionnel de ces jeunes. « Nous n’avons plus de cours, les partiels ont été reportés, et il n’y a plus de suivi pour notre mémoire de fin d’étude », s’inquiète Alexandra. Leur formation est donc désormais remise en question. « En Seine-et-Marne, une étudiante avait eu un entretien en septembre pour un emploi à l’issue de ses études, raconte Alexandra. Elle vient d’être convoquée et on lui a annoncé qu’aucun infirmier de la promotion 2007-2010 ne serait embauché. » Voilà qui ne va pas encourager les vocations.



Les médecins normands pourront vacciner à domicile

Les médecins libéraux du Calvados pourront, à partir du 15 décembre, vacciner à domicile contre la grippe A (H1N1) les patients qui, pour raisons médicales, ne peuvent se déplacer, ont indiqué le préfet et les médecins libéraux lors d’une conférence de presse. « Il s’agit de vacciner à domicile des personnes qui ne peuvent se déplacer dans les centres de vaccination parce qu’elles souffrent d’une pathologie », a indiqué le préfet Christian Leyrit.

Les médecins, volontaires, iront chercher le vaccin dans le centre de vaccination le plus proche de chez eux avant de se rendre chez leur patient. Ils agiront dans le cadre d’une réquisition après en avoir fait la demande à la préfecture. Bertrand Lerosier, de l’ordre des médecins du Calvados, s’est félicité de cette « avancée » et en a espéré d’autres, a-t-il indiqué, faisant allusion à la demande des médecins de vacciner les patients dans leurs cabinets.

Mais le préfet a souligné qu’il n’était pas question pour le gouvernement de revenir sur sa politique de vaccination dans les centres de vaccination. « Je ne peux laisser penser que (ce dispositif) est le début de je ne sais quel changement », a dit M. Leyrit.

« C’est quelque chose de prévu par le gouvernement » dans une circulaire ministérielle du 3 décembre, a-t-il insisté. Les médecins ont admis que le risque d’être contaminé pour ces malades immobilisés est inférieur à celui qui existe dans une école ou le métro, mais ils ont souligné que ces personnes ont des visites de personnel médical ou d’enfants qui peuvent être vecteurs du virus. L’URML dit estimer à plusieurs milliers le nombre de patients qui pourraient être concernés dans le département.

Edition France Soir du vendredi 11 décembre 2009 page 2


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