TOUJOURS la TAXE CARBONE, elle fait couler beaucoup d'encre

Le GYMNASE transformé en salle de conférence, tout le monde a pu l'admirer, ouf !
Les choix de Sarkozy sur la taxe carbone vivement critiqués
L'Expansion.com - 10/09/2009 17:11:00
Si l'UMP salue une "véritable révolution des comportements", les écologistes et les socialistes dénoncent une taxe "socialement injuste et écologiquement inefficace".
Nicolas Sarkozy a arrêté jeudi les modalités de la mise en ouvre de la taxe carbone, dont le prix a été fixé sur la base de 17 euros par tonne de CO2, promettant qu'elle sera intégralement compensée pour les ménages par une baisse de l'impôt sur le revenu ou un chèque vert. La compensation devrait s'élever à 112 euros pour les ménages en zone urbaine et 142 euros pour ceux vivant en zone rurale. Le but de la taxe, qu'il a qualifiée de "virage fiscal majeur", est de "modifier durablement les comportements des ménages français", a rappelé le Chef de l'Etat.
"Une révolution"
Sans surprise, l'UMP a salué cette annonce. Les porte-parole du parti de la majorité présidentielle, Frédéric Lefebvre et Dominique Paillé, ont affirmé qu'"en annonçant la création de la taxe carbone", Nicolas Sarkozy "invite les Français à une véritable révolution des comportements". "Oui, il s'agit de pénaliser les comportements irrespectueux de l'environnement", écrivent-ils dans un communiqué, ajoutant: "non, l'Etat ne gagnera pas un centime dans cette affaire. Non, ce n'est pas une augmentation d'impôt mais une réorganisation de l'impôt".
"Les gros pollueurs sont exclus"
Du côté de l'opposition socialiste, en revanche, le ton est critique. "Le dispositif a tous les inconvénients d'une nouvel impôt et aucun des avantages d'une fiscalité écologique", a déclaré à l'AFP Laurence Rossignol, secrétaire nationale du PS à l'Environnement. Pour elle, Nicolas Sarkozy "avait dit que la totalité du produit serait redistribuée. Ce n'est pas le cas. Il n'en distribue que la moitié, c'est-à-dire que la part liée aux quotas vient abonder le déficit public". Par ailleurs, "les gros pollueurs sont exclus. C'est avant tout les particuliers qui contribuent", juge-t-elle. En outre, "c'est écologiquement inefficace. La vigueur qu'a mise le président de la République à exclure l'électricité du dispositif n'incite pas à la sobriété énergétique dans laquelle nous devrions aller".
"Nicolas Sarkozy est resté au milieu du torrent"
La secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, estime de son côté que Nicolas Sarkozy est resté "au milieu du torrent". Mme Duflot s'est dite, sur France 2, "un peu déçue" par les annonces du chef de l'Etat mais "il l'a dit lui-même, c'est le service minimum". "Je ne comprends pas, en tant qu'écologiste, pourquoi il n'y a pas les actes qui sont à la hauteur de ce qui semble être une réelle prise de conscience" des enjeux écologiques. "C'est un vrai sujet d'étonnement et d'interrogation", a-t-elle ajouté. Selon la numéro un des Verts, "il y a un certain nombre d'avancées mais il y a surtout un vrai problème, c'est que l'électricité ne fait pas partie de ces annonces, c'est que le produit de cette taxe n'est pas affecté aux économies d'énergie".
"La fiscalité écologique fait pschitt"
"La fiscalité écologique fait pschitt", se désole Pascal Canfin, député européen Europe Ecologie. "A moins de cent jours de la conférence de Copenhague, Nicolas Sarkozy envoie un très mauvais signal quant à la volonté de la France de relever les défis climatique et énergétique. C'est un rendez-vous manqué : sa taxe carbone est à la fois inefficace écologiquement et injuste socialement", ajoute-t-il.
"Avec un prix minimaliste de 17 euros la tonne de CO2, l'objectif de division par quatre des émissions de CO2 ne pourra pas être atteint. Pas plus que ne sera encouragée la baisse de la consommation d'énergie ou la transition vers des énergies propres, explique Pascal Canfin. En ne retenant que des critères géographiques ou de taille de la famille, la redistribution du produit de la taxe aux ménages ne tient pas compte des différences de revenu. Qu'il appartienne aux catégories les plus favorisées ou aux couches les plus précaires, chaque ménage se verra rétrocédé une somme identique, ce qui va créer une inégalité criante."
"Une taxe réduite à peau de chagrin"
L'organisation non-gouvernementale Greenpeace a dénoncé une taxe carbone "réduite à peau de chagrin" qui "ne changera strictement rien". "Une taxe à 17 euros et sans progressivité annoncée ne changera strictement rien en terme de comportement et ne stimulera ni les économies d'énergie, ni les renouvelables", estime Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France, dans un communiqué. Nicolas Sarkozy a évoqué une taxe progressive, mais sans afficher de chiffres ni de calendrier. "Autant ne rien faire du tout", juge Greenpeace. Il est indispensable, estime Pascal Husting, de "dire comment, à partir de 17 euros la tonne (de CO2), on veut arriver aux 300 euros qui seront nécessaires en 2050 pour atteindre l'objectif inscrit dans la loi française" de division par quatre des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050.
CLIMAT-ENERGIE
La presse doute des modalités d'application de la taxe carbone
NOUVELOBS.COM | 11.09.2009 | 15:19
Conquise par l'idée de taxe carbone, la presse française doute des capacités de Nicolas Sarkozy à l'appliquer au vue de "l'opacité" des modalités. Elle s'inquiète aussi d'un prix "trop bas" pour être ef
L'exemple de la Suède, qui a mis en place il y a près de 20 ans une taxe carbone et revendique des résultats tangibles, démontre que cet outil fiscal fonctionne, a estimé mardi à Stockholm la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, Chantal Jouanno (AFP)
Au lendemain des annonces de Nicolas Sarkozy sur le dispositif de la "contribution climat-énergie", la presse nationale conquise par la taxe carbone, qualifiée "d'usine à gaz", doute des capacités du chef de l'Etat Nicolas Sarkozy et s'inquiète d'un prix "trop bas" et de "l'opacité" des modalités de mise en application. "On y est enfin arrivé !" s'exclame Philippe Waucampt dans le Républicain lorrain. "Et, même si la taxe est appelée à augmenter au fil des ans - car c'est le destin de toute taxe, quand bien même elle se nomme 'contribution' pour l'état civil - le point de départ est trop bas pour espérer voir la France atteindre l'objectif de réduire par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d'ici le milieu du siècle", estime l'éditorialiste.
"Nicolas Sarkozy joue gros"
"Le taux est modéré? C'est sans doute la concession nécessaire pour faire accepter le nouveau prélèvement", lui répond Laurent Joffrin dans Libération qui souligne également que "chacun doit savoir que ce montant est destiné à s'accroître inexorablement, seule manière de conduire le corps social à transformer son rapport à la consommation d'énergie".
"Plutôt que de jouer les grincheuses, la gauche devrait accompagner pour mieux l'orienter ce mouvement historique", lance-t-il avec ferveur.
"Le chef de l'Etat joue gros" estime Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro, car écrit-il, "si tout le monde est pour la fiscalité verte quant Nicolas Hulot en parle, tout le monde devient contre quand Nicolas Sarkozy se saisit du dossier"
Dans le Courrier Picard, Didier Louis écrit: "Ne pas faire d'une idée populaire lorsqu'elle est lancée par la société civile, un sujet d'impopularité tel qu'il se transforme en boulet politique, type 35 heures ou bouclier fiscal... A l'impossible, nul n'est tenu, y compris Nicolas Sarkozy".
"Nicolas Sarkozy a seulement eu le tort de croire que le pays était prêt à franchir le pacte. Erreur", affirme Jacques Camus (la République du Centre).
"Opaque" et "insuffisant"
Après l'annonce du montant de la taxe carbone à 17 euros, la tonne, fixé par le chef de l'Etat, Jean-Marcel Bouguereau (La République des Pyrénées) souligne "un chiffre suffisamment bas pour susciter l'opposition des Verts, de Greenpeace et, sans aucun doute, de Nicolas Hulot qui, avec son 'pacte écologique', était à l'origine de cette idée".
Mais, explique-t-il, "les modalités de compensation sont suffisamment floues pour conforter la majorité des Français dans leur opposition à ce qu'ils identifient à un nouvel impôt. Conséquence : Nicolas Sarkozy est perdant sur les deux tableaux."
Enfin, Denis Daumin (La Nouvelle République) constate que cette taxe carbone est "opaque encore sur nombre de ses modalités", mais précise-t-il: "cette contribution demeure juste dans son principe".
"Au fond", poursuit-il, "ce qui nous embarrasse dans cette affaire n'est-ce pas de voir s'effondrer et se carboniser le rêve d'un progrès continu, ou plutôt de sa caricature, la consommation sans fin. Un autre monde se dessine, décroissant, décrassé de nos excés, lavé à l'eau de nos rivières redevenues claires". "Un paradis sur terre. Et comme tous les paradis, merveilleux et parfaitement déprimant" constate-t-il.
(Nouvelobs.com)
CLIMAT-ENERGIE
Taxe Carbone : Nicolas Sarkozy fixe à 17 euros la tonne de CO2
NOUVELOBS.COM | 11.09.2009 | 15:20
Le chef de l'Etat a confirmé que la taxe ne concernera que les énergies fossiles, pas l'électricité. Les impôts n'augmenteront pas. Un chèque vert sera versé aux familles qui ne payent pas l'impôt sur le revenu.
Une majorité de Français est hostile à la taxe carbone (Reuters)
Nicolas Sarkozy a confirmé jeudi 10 septembre lors de son intervention à Culoz dans l'Ain la création de la taxe carbone. Elle s'élèvera à 17 euros la tonne de CO2, le "prix de la tonne sur le marché", dès 2010. Cette taxe concernera le pétrole, le gaz et le charbon, a précisé le chef de l'Etat. En revanche, l'électricité ne sera pas concernée.
Selon Nicolas Sarkozy, le but de la nouvelle fiscalité écologique n'est pas de "remplir les caisses de l'Etat" mais d'inciter les ménages et les entreprises à changer leurs comportements en matière de consommation d'énergie.
Compensation pour les ménages
Nicolas Sarkozy a assuré que les impôts en France n'augmenteraient pas. La création de la taxe carbone s'accompagnera d'une compensation pour tous les ménages français, sous forme d'une réduction d'impôt sur le revenu ou d'un "chèque vert" pour les foyers non imposables, a annoncé jeudi le président Nicolas Sarkozy.
"Je souhaite, pour les ménages français, que la création de la taxe carbone s'accompagne, soit d'une réduction de l'impôt sur le revenu pour tous les ménages qui le paient, soit du versement d'un chèque vert équivalent pour tous les ménages non imposables", a déclaré le chef de l'Etat.
"La création de la taxe carbone n'augmentera pas les prélèvements (obligatoires) dans notre pays (...) je n'augmenterai pas les impôts", a ajouté le chef de l'Etat, insistant sur cette "règle intangible".
"Dans un esprit de justice", cette compensation en faveur des ménages sera différenciée, selon la taille de la famille et selon que celle-ci vit en zone urbaine où il existe des transports en commun ou bien en zone rurale, a précisé Nicolas Sarkozy.
Sur une base de 17 euros par tonne de CO2, un ménage avec deux enfants vivant en zone urbaine bénéficiera dès le mois de février prochain d'une réduction de 112 euros sur son premier tiers provisionnel s'il paie l'impôt sur le revenu, d'un "chèque vert" du même montant s'il est non imposable, a-t-il expliqué.
Le même ménage vivant en zone rurale dépourvue de transports en commun bénéficiera de 142 euros.
Taxe professionnelle supprimée
Le gouvernement va étudier les moyens pour éviter que la taxe carbone ne pénalise excessivement la compétitivité des entreprises françaises particulièrement dépendantes des carburants, a assuré Nicolas Sarkozy.
Pour la plupart des entreprises, la création de la taxe carbone sera compensée dès 2010 par la suppression de la part de la taxe professionnelle qui pèse sur l'investissement, a rappelé le chef de l'Etat.
Il a surtout affiché son souci de préserver "certains secteurs" qui ont une "dépendance particulièrement forte vis-à-vis des carburants, comme les transports, l'agriculture ou la pêche" et qui subiraient de plein fouet l'impact de cette nouvelle taxe.
"Le gouvernement va trouver rapidement les voies et moyens, tout en conservant l'incitation aux économies d'énergie de la taxe carbone, d'éviter qu'elle ne porte une atteinte excessive à la compétitivité de ces secteurs", a promis le président.
"L'efficacité de la lutte contre le changement climatique ne progressera pas si la taxe carbone aboutit à favoriser davantage l'importation de produits agricoles, de produits de la mer, ou bien encore à désavantager les transporteurs français par rapport à des concurrents moins exigeants sur les normes environnementales", a jugé Nicolas Sarkozy.
Commission indépendante
Nicolas Sarkozy a ensuite annoncé la création d'une "commission indépendante" : elle "garantira une transparence totale sur les compensations de la taxe carbone".
Sa mission consistera à "suivre l'évolution des recettes" de la taxe et "identifier la part respective des ménages et des entreprises", afin de garantir "le respect des engagements de compensation à 100%".
"Je veux des règles claires de compensation de la taxe carbone pour les ménages et les entreprises", a insisté le chef de l'Etat.
La commission sera composée d'experts et d'élus, dont le choix s'effectuera de "manière paritaire dans les rangs de l'opposition et de la majorité", a-t-il souligné.